BAR DU REGINE, 2008
![]() Bar (photographie Milo Keller et Julien Gallico, 2008) | ![]() Bar (photographie Milo Keller et Julien Gallico, 2008) | ![]() Arrière-bar (photographie Milo Keller et Julien Gallico, 2008) | ![]() Détail de l'arrière-bar (photographie Milo Keller et Julien Gallico, 2008) | OBJET SOLITAIRE ET MYSTÉRIEUX, ÉVOCATION SUBTILE D’UNE AUTOFICTION OBSESSIONNELLE, LE BAR DU NOUVEAU RÉGINE N’EN SERA PAS MOINS REGARDÉ, ACCEPTÉ ET INTÉGRÉ À LA SAGA D’UNE REINE DE LA NUIT DEVENUE RÉGENTE, QU’UN MESSAGE D’UN SOIR DE SEPTEMBRE CONCLURA EN CES TERMES: « LE BAR EST MAGNIFIQUE, JE T’ADORE ». | ![]() Maquette A&R, 2009 - polystyrène (photographie A&R, 2010) |
Au cours de l’été 2008, Régine est invitée par le nouveau propriétaire des lieux, à revisiter le décor de son club mythique de la rue de Ponthieu. « Chez Régine », devenu « le Régine’s » et depuis son réaménagement « le Régine », est le rendez-vous tardif de la bourgeoisie pompidolienne de ce début des années soixante-dix, voulu par une Régine au sommet de sa gloire artistique et entrepreneuriale. Rapidement délaissé par sa créatrice lancée à la conquète du monde via une licence d’exploitation de son concept de « nuit parisienne » et par cette élite qui se tournera justement vers la jeunesse effrontée et déjantée du Sept puis du Palace, le club perdra lentement son identité, sa clientèle et pour finir son décor. L’idée géniale de faire se rencontrer la vedette vieillissante et l’avant-garde de la nuit d’aujourd’hui dans ce lieu improbable du VIIIéme arrondissement fera long feu, mais permettra pour le moins quelques mois d’un dialogue inconcevable et pourtant incroyablement émouvant. A&R est alors mandaté pour réaliser le seul élément de décor qui échappera au contrôle strict de Mademoiselle, le bar, qui pour l’occasion retrouvera son positionnement d’origine à l’entrée et au centre de la discothèque. Grand équipement technique de 6m de long, il constitue le décor de fond et le point focal du nouveau théâtre des apparences de la jeunesse branchées de l’ouest parisien. Pris dans la furie d’une décoration à rayure et à motifs géométriques, enchevêtrement d’or, de sang et du vert de la fameuse « piste à la panthère » -que l’on devine entre les corps habillés par Cardin dans Frantic de Polanski en 1987-, le bar cherche à se dégager de toute implication plastique dans son environnement. Jouant sur la neutralité de surfaces brillantes et noires et l’éclat sans teint des miroirs, il cherche avant tout à créer une présence étrange et stylisée, plus proche des vestiges du club d’origine (le plafond à facette) que de sa réinterprétation récente. Elément remarquable de la composition, l’arrière-bar est constitué d’un paysage géométrique de cube de miroirs biseautés 15x15cm, ready-made directement issu de la salle de bain de la grande Régine, palais des glaces intime et kitch de l’appartement de la rue Chambiges. Objet solitaire et mystérieux, évocation subtile d’une autofiction obsessionnelle, le bar du nouveau Régine n’en sera pas moins regardé, accepté et intégré à la saga d’une Reine de la Nuit devenue Régente, qu’un message d’un soir de septembre conclura en ces termes: « le bar est magnifique, je t’adore ».
Edouard Ropars, 2008 PROJET:Création d'un bar au club "Régine" à ParisDATES:Etudes été 2008, livraison septembre 2008PHASES:Etudes et suivi de réalisationMAÎTRISE D'OEUVRE:Abinal & Ropars architectesMAÎTRISE D'OUVRAGE:Regine's ALESITE49-51, rue de Ponthieu - Paris VIII |





